- Dr. Beat Richner, Kantha
Bopha Children's Hospitals
- Phnom Penh, Siem Reap/Angkor,
le 11.3.2002
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- Du
chloramphénicol pour les enfants des pays
pauvres
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- Production de
chloramphénicol interdite en
Chine
- La production de
chloramphénicol a été suspendue
en Chine. La vente de poulets en Europe et notamment
en Suisse était en jeu. Les traces de
chloramphénicol découvertes dans la
viande de poulet et le miel sont un danger pour
l'homme. Les effets secondaires mortels du
chloramphénicol sont l'aplasie
médullaire, le risque de leucémie
multiplié par 13, et des anémies
irréversibles. Dans l'Union européenne,
l'usage du chloramphénicol dans la production
alimentaire est interdite depuis 1994.
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- Recommandé par
l'OMS pour les enfants des pays
pauvres
- Le
chloramphénicol continue d'être
recommandé par l'OMS (Organisation mondiale de
la santé, appartenant à l'ONU) et
l'Unicef (qui gère notamment la pharmacie
centrale de Copenhague, responsable de toutes les
opérations médicales de l'ONU) pour le
traitement d'infections graves chez les
enfants.
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- Plus dangereux dans les
pays pauvres et tropicaux qu'en
Occident
- La
métabolisation, l'élimination du
chloramphénicol s'effectue dans le foie.
Certaines maladies graves et fréquentes comme
la tuberculose, la fièvre dengue, le paludisme,
le typhus et les hépatites virales attaquent
très souvent le foie des enfants des pays
tropicaux, d'où le risque mortel beaucoup plus
grave qu'en Occident dû au
chloramphénicol. Dans les trois hôpitaux
Kantha Bopha, où sont hospitalisés 85 %
des enfants cambodgiens qu'il faut hospitaliser, nous
voyons chaque semaine des enfants souffrir de ces
effets secondaires, perdre leur sang et finalement
mourir. Le chloramphénicol continue
d'être recommandé pour les pays pauvres
et administré en quantités massives. Par
les médecins de familles, les vendeurs de
médicaments, mais aussi les organisations
humanitaires qui suivent les directives de
l'OMS.
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- Un traitement
inefficace
- A cela s'ajoute que
le chloramphénicol est inefficace au Cambodge
et sans doute aussi dans d'autres pays (bien souvent,
malheureusement, les laboratoires
batériologiques permettant de le
démontrer y font défaut). 100% des virus
du typhus, 75% des virus de l'hémophilie et
plus de 50% des méningocoques résistent
à ce médicament.
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- Recommandé pour les
enfants pauvres parce que bon
marché
- Le
chloramphénicol est cependant recommandé
et utilisé parce qu'il est bon marché.
Unicef Suisse continue de préconiser son usage
si l'on en croit de récents courriers et
communiqués de presse. Le Ministère
public devrait intervenir. Mais il ne fait rien: les
victimes sont des enfants des pays pauvres et non les
consommateurs de poulet du monde
"civilisé".
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- Une seule option possible:
le ceftriaxon, un médicament
coûteux
- A la place du
chloramphénicol, nous utilisons, dans les
hôpitaux Kantha Bopha, le seul traitement
autorisé et efficace chez les enfants: le
ceftriaxon. Ce médicament coûte 23 fois
plus cher que le chloramphénicol. C'est un
luxe, comme continuent de le dire les experts et
l'OMS. Et c'est pourquoi la pharmacie centrale de
l'Unicef persiste à stocker le
chloramphénicol, dont la production en
quantités massives est toujours financée
à l'échelle mondiale. Il est produit en
grandes quantités en France et la licence de
fabrication est également accordée
à de nombreux pays pauvres.
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- OMS et Unicef
inattaquables: les gouvernements occidentaux doivent
endosser la responsabilité
- En 1999, nous avons
intenté une action à La Haye contre
l'OMS, l'Unicef ainsi que les organisations et
institutions qui suivent les protocoles de traitement
de l'OMS. L'un des griefs était le recours au
chloramphénicol pour les enfants. En vain.
L'ONU en tant que telle est inattaquable. Elle
n'assume aucune responsabilité. Celle-ci
appartient aux ministres de la santé des
gouvernements des pays riches qui composent l'ONU.
Pour ces ministres de la santé, apparemment,
ce qui est interdit pour les poulets destinés
à l'Occident, même en Chine, est encore
assez bon pour les enfants des pays
pauvres
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- Continuez à
nous aider pour que les enfants
bénéficient de soins corrects et
efficaces dans les hôpitaux Kantha Bopha. Cela
coûte cher. L'hospitalisation moyenne (sur les
42 000 hospitalisations annuelles) dure 5 jours et
coûte 226 USD. 80 % de ces enfants ne
survivraient pas sans ces 226 USD. Chaque contribution
aide à guérir, à sauver et
à prévenir.
- Nous vous en
remercions.
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- Dr. Beat Richner,
PC 80 &endash; 60 699-1
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